Charte éditoriale de la Revue médicale suisse

Préambule

Plus de 65% des articles scientifiques publiés dans le monde le sont en anglais, contre moins de 10% en français. On pourrait ainsi être tenté de considérer que l’anglais est la langue du savoir, et à l'opposé, que le français est celle de la littérature, de la culture et du non scientifique.

Le risque existe que l’usage exclusif d’une langue étrangère pour parler de médecine isole les médecins et les scientifiques du reste de la population. De plus, comme l’a fait remarquer Danica Seleskovitch,[1] figure de la traductologie moderne, « Quand on s’exprime dans sa langue maternelle, on plie sa langue à sa pensée ; dans une langue étrangère, on plie sa pensée à la langue ». Autrement dit : dans sa langue maternelle on dit ce que l’on veut, dans une langue étrangère, on dit ce que l’on peut.

La langue française est un outil de communication apte à exprimer tous les aspects du monde médical. Par conséquent, l’existence de notre revue médicale francophone de formation continue se justifie pleinement.

Ainsi, l’objectif principal de la Revue Médicale Suisse (ci-après RMS) est de communiquer, en français, des informations issues de l’état des connaissances ou du dévelop­pement des sciences médicales, de manière claire et, dans toute la mesure du possible, utiles aux praticiens car (au moins partiellement) transposables à la pratique médicale ambulatoire. Ceci implique que les auteurs fassent usage d’un vocabulaire précis et utilisent des termes scientifiques et médicaux clairement définis.

Droits et devoirs de la rédaction

La rédaction de la RMS traite tous les articles soumis de manière confidentielle, ce qui signifie qu’avant leur publication elle ne divulgue aucune information concernant un manuscrit sans la permission de l’auteur.

Durant le processus d’examen des articles, les personnes suivantes ont accès aux manuscrits :

  • l’équipe rédactionnelle de la RMS
  • des experts/critiques externes (reviewers)

Lorsque l’avis d’un tiers (expert/critique) est requis pour évaluer un article, la rédaction de la RMS met tout en œuvre pour éviter les conflits d’intérêt potentiels.

C’est le Comité de rédaction qui statue en dernier ressort au sujet de l’acceptation ou non d’un article. Les membres du Comité de rédaction qui prennent la décision finale concernant la publication d’un article ne doivent pas avoir, eux non plus, de conflit d’intérêt personnel, professionnel ou financier par rapport au sujet traité. Si un membre de l’équipe rédactionnelle est sujet à un conflit d’intérêt, il doit se récuser et laisser le soin aux autres personnes de décider.

Les membres du Comité de rédaction ne doivent en aucun cas utiliser des informations obtenues par le biais de leur accès aux articles pour en tirer un bénéfice personnel.

Droits et devoir des auteurs

La paternité d’un article implique à la fois de ses auteurs qu’ils sont responsables de leurs propos et que ceux-ci sont émis en toute indépendance. Si l’article a été préparé par un rédacteur externe (medical writer), cela doit être clairement signalé à la rédaction et le nom, le rôle ainsi que l’affiliation de cette personne doivent être mentionnés dans l’article ou à la fin de celui-ci (remerciements).

Les opinions exprimées par les auteurs ne reflètent pas nécessairement celles de la rédaction.

Les articles publiés dans la revue ou sur son site internet sont propriété de la RMS.

Toutes les personnes nommées à titre d'auteur doivent posséder la qualité d'auteur (voir ci-dessous). De même, toutes les personnes possédant la qualité d'auteur doivent être citées. Chaque auteur doit avoir participé suffisamment à l’article pour être en mesure de se porter garant de portions pertinentes du contenu. Un ou des auteurs doivent pouvoir se porter garants de l'intégralité de l'ouvrage, de la conception à la publication de l'article.

La qualité d'auteur se fonde sur les éléments suivants :

  • contribution importante à la conception d'un projet de publication ou de recherche, à la recherche d’informations pertinentes, à l'obtention des données ou à l'analyse et à l'interprétation des données,
  • rédaction de l'article ou révision critique d'un contenu intellectuel important,
  • approbation finale de la version à publier.

L'obtention du financement, la collecte de données ou la supervision du groupe de recherche, ne justifie pas en soi la qualité d'auteur (elle peut toutefois faire l’objet de remerciements en fin d’article).

Les auteurs s’engagent à soumettre des articles n’ayant pas déjà été publiés dans une autre revue. Dans certaines situations exceptionnelles, notamment si le sujet présente un intérêt fondamental, le Comité de rédaction peut accepter de publier une version remaniée ou traduite d’un article déjà paru dans un autre journal ; la précédente publication (avec références complètes) devra alors être mentionnée au début de l’article.

La mise à disposition sur l’Internet d’un enregistrement audio ou d’une présentation orale faite lors d’une réunion ou d’un congrès médical n’est pas considérée comme une publication. Ceci dans le but de permettre aux étudiants et aux médecins n’ayant pas pu assister à cette réunion ou à ce congrès médical de prendre connaissance de ladite présentation ou d’en visionner les diapositives.

Pour les figures, tableaux ou images déjà publiés dans un journal, ouvrage ou site internet, l’autorisation de l’auteur et/ou de l’éditeur doit impérativement avoir été préalablement obtenue par les auteurs de l’article et remise à la rédaction avec le texte initial. La RMS ne peut publier que les figures, tableaux ou images accompagnés des autorisations écrites nécessaires.

Le Comité de rédaction se réserve le droit de ne pas publier les articles dont le contenu est à l’évidence dicté par un sponsor ou les articles faisant la promotion d’un hôpital, d’une clinique, d’une autre institution ou de biens de consommation quels qu’ils soient. De même, le Comité de rédaction se réserve le droit de refuser des textes promotionnels s’il s’avère qu’ils ont été à l’évidence composés de manière à ressembler à la maquette de la RMS.

En revanche, les textes faisant l’objet d’un soutien financier à la publication (par exemple dans le cadre de rubriques de formation continue) mais pour lesquels la garantie de l’indépendance des auteurs concernant le contenu des articles est démontrée, peuvent être publiés.

Conflits d’intérêt

Afin de prendre la meilleure décision possible concernant les articles soumis pour publication, le Comité de rédaction doit être informé des éventuels conflits d’intérêt existants pour les auteurs ou les experts/critiques.

Il existe un conflit d’intérêt lorsqu’un auteur (ou l’institution à laquelle il appartient), un expert/critique, un membre du Comité de rédaction ou un éditeur a des relations financières, professionnelles ou personnelles avec d’autres personnes, institutions ou organisations, susceptibles d’influencer ses actes ou son jugement. Les conflits d’intérêt financier (employeur, appartenance à un cabinet-conseil, possession de valeurs boursières, honoraires, etc.) sont les plus faciles à identifier et les plus à même de miner la crédibilité d’un journal, des auteurs et de la science elle-même. Mais des conflits d’intérêt peuvent aussi exister pour d’autres raisons, comme par exemple des relations personnelles ou familiales, une compétition académique, des opinions politiques ou une passion intellectuelle.

Les conflits d'intérêts en relation avec l’article soumis doivent être signalés à la rédaction ; le cas échéant, mentionner leur absence. Une déclaration concernant d'éventuels conflits d'intérêt sera systématiquement demandée et publiée à la fin du texte. Cette politique est en adéquation avec les recommandations de l'Académie suisse des sciences médicales (ASSM).

Le Comité de rédaction ne refusera pas un article simplement parce qu’un auteur est sujet à un conflit d’intérêt, mais une déclaration à ce propos doit figurer à la fin de l’article (transparence).

Confidentialité des patients

S’il existe un quelconque risque qu’un patient puisse être reconnu, son consentement éclairé doit être obtenu et documenté pour la publication de toute image et/ou situation clinique susceptibles de permettre son identification ; le patient doit aussi être informé de la publication de l’article sur internet. Les patients sont presque toujours d’accord de donner leur consentement.

S’ils ne sont pas indispensables, les détails permettant d’identifier un patient devraient être omis, mais les données cliniques ne doivent être ni modifiées, ni falsifiées dans le but de les rendre anonymes. D’autre part, sur une photographie, le fait de masquer la région des yeux ne suffit pas pour protéger l’anonymat de la personne qui y figure.

Publication des résultats d’une étude ou d’un projet de recherche

En principe, la RMS ne publie pas les résultats de travaux originaux, à moins qu'il ne s’agisse d’articles à caractéristiques régionales claires, utiles pour la pratique locale. Le plus souvent, plutôt que la publication intégrale d’une étude, les données et les résultats principaux de ces travaux seront utilisés pour introduire ou illustrer le sujet principal de l’article.

Lorsqu’ils publient les résultats d’une étude, les auteurs doivent avoir eu accès aux données brutes, garantes de la valeur scientifique de l’article, et être en mesure de le confirmer à la RMS. L’accord formel de la ou des Commissions d’éthique ad hoc doit également avoir été obtenu.

Les résultats d’une étude ou d’un projet de recherche mené par plusieurs investigateurs ou groupes d’investigation ne peuvent être publiés qu'avec l’accord de chacun d’eux.

Publication sur l’Internet

Après acceptation d’un article, la RMS se réserve le droit de le publier simultanément sur papier et sur son site Internet (http://www.revmed.ch/). En soumettant un manuscrit à la rédaction du journal, les auteurs acceptent implicitement cette clause.

Pour des raisons techniques ou autres, certains articles pourront ne pas être publiés sur le site Internet de la RMS. La décision concernant la mise en ligne ou non d’un article est du seul ressort du Comité de rédaction. D'autre part, en fonction de la longueur de certains articles, la RMS pourra aussi décider de publier une version raccourcie (par l'auteur) dans le journal et de réserver la version intégrale pour une mise en ligne.

La version électronique des articles publiés au cours des 12 derniers mois n’est accessible qu’aux abonnés de la RMS ; toutefois, certains articles récents ainsi que tous ceux publiés depuis plus de 12 mois sont librement accessibles à tous les internautes. Cette décision est du seul ressort de la RMS.

Publicité et sponsoring

Les annonces publicitaires apparaissant dans la RMS doivent se conformer aux lois suisses en vigueur. Elles ne doivent pas être trompeuses ou mensongères et ne doivent pas non plus contenir des formulations extravagantes ou exagérées.

La RMS est seule habilitée à déterminer le type de publicité qu’elle accepte; elle se réserve le droit de refuser certaines annonces publicitaires, notamment si leur contenu (texte ou illustrations) est déplacé, indécent ou insultant, ou s’il est par trop irrespectueux envers une personne ou un groupe de personnes. Ceci s’applique aussi bien à la publicité imprimée qu’à celle affichée sur son site Internet.

Les lecteurs de la RMS doivent pouvoir distinguer facilement les pages rédactionnelles des pages promotionnelles, dont la présentation doit être clairement différente. La séparation entre la publicité et la matière rédactionnelle se doit d’être évidente afin de préserver l’indépendance des auteurs et de la RMS.

La publication d’une annonce ou l’affichage d’une bannière sur son site Internet ne signifie en aucun cas que la RMS approuve ou soutienne le ou les produits mentionnés, ou l’entreprise qui les fabrique et/ou les commercialise.

Par souci de transparence, les articles dont la publication a bénéficié d’un soutien financier (sponsoring), sont signalés par un court texte de remerciement (éventuellement encadré) à la fin du texte. La rédaction veille avec soin à ce que l’indépendance des auteurs concernant le contenu des articles soit assurée.

Références

[1] École supérieure d’interprétation et de traduction [E.S.I.T.], Université de Paris III